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Le centre de formation de Kerliver est un témoin exemplaire de l'enseignement agricole, notamment dans l'histoire de l'enseignement féminin. En effet depuis 1884, plus de cent ans d'enseignement agricole se sont déroulés sur ces lieux. Aujourd'hui, le domaine de Kerliver accueille un centre de formation pour adultes et apprentis spécialisés dans les domaines de l'horticulture, l'aménagement des espaces verts et naturels, le maraîchage biologique, dans le commerce et la valorisation des produits horticoles et dans le développement local.

Manoir

Le manoir de Kerliver

Ce manoir date du XVe et XVIe siècle. La famille De Quelen de Kerohan entra en possession du manoir après la révolution et marqua la vie locale : le père fut maire de Hanvec de 1814 à 1830. Un de ses fils décide de se consacrer au commerce de bois que son père avait crée. En 1850 ce dernier fait faillite et le manoir fut vendu.

Ce sont les frères Dehaies de Montigny qui vont accéder à la propriété de cette imposante bâtisse. Ces deux anciens officiers se retirèrent à l'âge de la retraite à Hanvec. Le dernier des deux frères décédait le 18 décembre 1879 à l'âge de 89 ans et léguait à la commune de Hanvec, le manoir, ses propriétés (46 hectares) et la location des fermes environnantes. En contre partie la municipalité devait s'engager à y créer une école où les jeunes filles de la commune recevraient gratuitement une instruction en rapport avec l'existence qu'elles doivent mener à la campagne.

Le 3 mars 1884, l'école primaire agricole appelée alors "Institution Dehaies de Montigny" ouvre ses portes avec sept élèves de la commune de Hanvec. Les jeunes filles y sont admises dès l'âge de 12 ans, la scolarité de 3 ans est gratuite. Les premières élèves sont recrutées parmi les meilleures de l'école publique de Hanvec. Elles constituent indiscutablement aux yeux des filles des villages voisins des privilégiées. Ces filles y suivent l'éducation et l'instruction qui doivent faire d'elles de bonnes ménagères. La première école féminine d'enseignement agricole en France venait de naître.

Petit détour historique
concernant l'avènement de l'enseignement agricole des filles

Rien n'est prévu avant la fin du XIXe siècle pour la formation des filles. Lors des débats sur la loi de 1848, un député Pierre Joigneaux, fait quelques suggestions qui ne seront pas suivies d'effets. Il explique "qu'une femme ignorante, ne peut aider un homme intelligent, mais que comme les femmes instruites sont celles de la ville, elles risquent de juger indigne d'elles de prendre la direction d'un intérieur d'exploitation (…). Il serait donc urgent à notre avis, de créer sans retard quelques écoles professionnelles pour les jeunes filles de la campagne".

En 1878, il persiste en publiant "Conseils à la jeune fermière". Ce n'est qu'à la fin du XIXe siècle que les hommes politiques commencent à se préoccuper de la formation des jeunes filles car ils estiment leur rôle essentiel dans la lutte contre l'exode rural : "suivant qu'elle aime la vie rurale ou la déteste, la jeune fille demeure à la campagne ou cherche à la fuir : plus tard, elle y retiendra son mari et ses enfants ou bien elle les éloignera au profit de la ville, de l'atelier, de l'usine".

L'enseignement agricole féminin ne commence à se développer que dans le dernier quart du XIXe siècle, avec les écoles pratiques de laiterie. Les premières années du XXe siècle voient la mise en place d'écoles ménagères et agricoles temporaires et ambulantes. Il faudra attendre la loi du 2 août 1918 pour organiser les différents niveaux de l'enseignement féminin, sur le modèle de l'enseignement masculin.